Vive les MOOCs, sans restriction aucune!

Publié le : 4 novembre 2013 - Mot Clés : , , , , , ,

            Dans le crâne d’un grand nombre d’universitaires français, les neurones sont à nouveau entrés en ébullition. Face à un monstre redoutable, responsable d’innombrables prédations, heureusement géographiquement circonscrites pour l’instant au seul enseignement supérieur nord-américain, nos héroïques résistants français remplissent les sacs de sable. Branle-bas de combat ! Pour accomplir ses forfaits en toute impunité, le monstre américain a pris une identité curieuse, un acronyme : MOOC !   Derrière MOOC, Massive Open Online Course, lisez enseignements de masse, gratuits et en ligne. Pour nos vigilants douaniers de la pensée, imbibés d’un marxisme aussi primitif que leur anti-américanisme, s’en est trop. Non seulement, le produit nous arrive des Etats-Unis (ils rêvent généralement tous d’y envoyer leurs rejetons y poursuivre leurs études), mais l’empire du Mal a encore l’outrecuidance de masquer son forfait en se prétendant « gratuit » ! Comme si quelque chose de gratuit pouvait naître dans la matrice de l’ordre néo-libéral, et prospérer sur cette base ! La gratuité, nous, Français, en avons le monopole, gratuité que nous finançons par l’impôt direct, la TVA. Ah, j’oubliais aussi la dette (merci les fonds de pensions américains). Passons.

Donc, à propos des MOOCs, tout ce que la France compte comme sujets pensants a réagi au ¼ de tour. Surtout, de ne pas se laisser abuser par ces marchands de tapis d’un style nouveau !

            D’abord, à qui aura échappé que pour les opérateurs de ces MOOCs, il s’agit avant tout d’un coup de pub ? Bien vu. En effet, Yale ou Harvard ont désespérément besoin d’un coup d’éclairage publicitaire, car ces établissements, au cas où vous l’ignoreriez encore, sont aujourd’hui sortis de l’écran radar de la renommée et peinent désormais à remplir leurs amphithéâtres désertés. Bientôt, au Panthéon de la renommée mondiale, leur succéderont des universités saines, nommées Béziers, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Perpignan ou Corte, tous établissements qu’animent des enseignants-chercheurs charismatiques et désintéressés.

            Autre argument bien senti : les profits cachés derrière ces initiatives, profits qu’il convient de ne jamais négliger. Dans le sillage de la gratuité de la première heure, destinée à appâter le naïf, le payant suivra en effet. Tarifs d’autant plus onéreux qu’accros aux MOOCs, leurs utilisateurs devront mettre la main au portefeuille pour continuer à regarder non pas Walter White cuisinant de la métanphétamine, mais un vrai cours de chimie organique.

  Autre péril que nos infatigables traqueurs d’impostures ont vite repéré : la perversité de cet enseignement made in America. Là où, chez nous, nos étudiants ont encore la chance d’entendre des néanderthaliens disserter sur l’exquise subtilité de la théorie marxiste de la baisse tendancielle du taux de profit, avec les MOOCs, le démon néo-libéral s’attaque à nos esprits libres et rebelles ! A ne pas y prendre garde, c’est la survie de notre esprit critique qui est en jeu ! Nous nous appauvrissons, certes, nos caisses chômage et retraite sont en faillite, certes, mais au moins, nous en sommes conscients. Grâce justement à notre esprit critique, qui fait de nous des êtres si intelligents, par comparaison avec nos lourdauds voisins germaniques et nordiques, en meilleure santé financière peut-être, mais idiots assurément.

            Dans le combat qui s’annonce, faisons donc confiance à nos universitaires enfiévrés ! En France, l’abominable MOOC ne passera pas. Hou, hou, hou mugit la sirène d’alerte. Tous sur le pont !

 

Vos avis et commentaires

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Posté par Fauxrato - Posté le 4 novembre 2013 à 18 h 02 min

Vous vous emportez un peu: il existe en effet une grande quantité de projets en France, certains à l’étude, d’autres dans les tuyaux. Mais là où je vous suis c’est dans le délire hystérique d’un grand nombre de profs, notamment dans les SHS, qui, ils en sont persuadés, ont vu le diable dans les MOOCS. Il faut lire leurs réactions pour mesurer à quel point tant de Français sont déconnectés du monde environnant. C’est très grave pour la suite des événements.

Posté par monstertruck - Posté le 4 novembre 2013 à 19 h 13 min

Les crypto-marxistes règnent sur l’université française, au moins dans les SHS. Ne pas s’étonner que les MOOCS américaines les plongent dans un état de panique permanent; une chose est certaine: les pays étrangers avancent et se contrefichent du maniérisme français. Nous n’existons plus, nulle part, au moins au niveau de l’enseignement supérieur.

Posté par franco de port - Posté le 4 novembre 2013 à 22 h 08 min

Le comble est atteint par le projet FUN (prononcer “feune”, comme dans le mot anglais homonyme) pour France Université Numérique. On peine à démêler si cet acronyme fortement américanisant doit être reçu comme une reddition ou au contraire comme une exhortation quasi robespierrique au dépassement du modèle impérial (qui lui n’est pas FUN, doit-on comprendre, mais MOOC(h), à savoir traînasson).

Posté par monstertruck - Posté le 4 novembre 2013 à 22 h 29 min

@franco de port: commentaire excellent ! Très FUN.

Posté par Beau Parleur - Posté le 5 novembre 2013 à 14 h 44 min

Les MOOCs sont une réalité et nous ne sommes qu’à l’émergence du phénomène. Il faut être complètement idiots, comme le sont tant d’universitaires français ou “intellectuels” franchouillards pour meugler qu’il s’agit là d’un danger pour la pensée, pour la liberté, bla bla bla. Le principe de précaution revendiqué par un peuple de grandes gueules, comme prétendent l’être les Français, me fait beaucoup rire.

Posté par François Garçon - Posté le 5 novembre 2013 à 18 h 44 min

A propos des MOOCs, il va y avoir des dérapages, des sorties de route, des aigrefins qui vont détourner l’instrument à des fins mercantiles, etc. Et alors ? Et alors ? Sont-ce là des raisons suffisantes pour, comme je le constate dans l’intranet de Paris 1, refuser d’emblée cet outil pédagogique? Le principe de précaution chez nos archéo-marxistes-révolutionnaires-rebelles-sans concessions est l’expression d’une peur panique face à toute nouveauté. J’imagine mal le vieux Karl Marx, guide spirituel de cette engeance française, ayant pu engendrer un tel monde sénile.

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