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Le dernier verrou, en finir avec le Conseil National des Universités Toutes les parutions

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A propos du livre

Inconnu du grand public, au cœur de l’enseignement supérieur français se trouve le Conseil national des universités. C’est lui qui  décide quels sont les jeunes docteurs pouvant candidater à un poste de maître de conférences dans l’université française, c’est encore lui qui juge quels sont les maîtres de conférences aptes à devenir professeurs, et quels sont les enseignants-chercheurs méritant honneurs et récompenses (primes, changement de classe, congés sabbatiques, etc.) Ca n’est pas tout : en dépit du toussotement de certains, le CNU s’apprête maintenant à évaluer individuellement les enseignants-chercheurs. C’est dire les prérogatives de cette gigantesque institution de près de 1500 membres, élus sur des listes syndicales fermées pour les 2/3 d’entre eux. Osons dire que ces pairs ne sont ni les meilleurs, ni les mieux inspirés dans les disciplines qu’ils sont supposés défendre. Tout l’atteste : l’enseignement supérieur français ne cesse de perdre de son lustre. Ne cherchez pas : la faute en revient principalement au CNU. Preuves à l’appui.

Fiche détaillée

Auteur

Préface de

Nombre de pages

Editeur

Type

Format

Date de parution

Collection

ISBN

Prix

François Garçon

Philippe Gillet

206

The Media Faculty

Essais Docs Société

Broché

Juin 2012

N/C

978-2-9542093

16€

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Vos avis et commentaires

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Posté par xxx - Posté le 13 juin 2012 à 6 h 52 min

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre livre sur le CNU et vous en remercie vivement..
Je partage intégralement votre diagnostic fort bien établi.
J’associerais volontiers à votre critique celle de l’agrégation du supérieur pour les disciplines juridiques, économiques et de gestion.

Cordialement,

Laurent Batsch

Posté par Alain Fuchs - Posté le 7 juillet 2012 à 12 h 21 min

Cher Collègue,

Merci pour votre ouvrage sur le CNU. C’est peu dire que je partage votre point de vue.
Bien cordialement,

Alain Fuchs

Posté par Pierre Arnoux - Posté le 15 août 2012 à 18 h 57 min

Le CNU n’a rien d’homogène, et son comportement dépend fortement des sections. Il est le reflet de la communauté universitaire qu’il représente. Les sections de mathématique ont su, par exemple, aider la quasi-disparition du recrutement local dans cette discipline, et permettre des carrières rapides pour les plus brillants (les médailles Fields ont été reconnues au CNU bien avant leur consécration internationale). La suppression du CNU aurait certainement des résultats très néfastes dans cette discipline.

Ces sections se sont d’ailleurs prononcées contre l’évaluation nationale périodique par le CNU.

Avant de s’interroger sur le CNU, il faudrait régler le problème des agrégations du supérieur; je ne comprends pas que de brillants thuriféraires de l’autonomie des universités puissent laisser subsister ce vestige autrement choquant que le CNU.

Posté par D. Sibot - Posté le 20 août 2012 à 17 h 14 min

@ Pierre Arnoux: D’accord avec vous sur votre critique de l’agrégation du supérieur. Celle du secondaire n’a guère de sens non plus. Postulant voilà quelques années à un poste à l’étranger, j’avais essayé de faire comprendre ce que signifiait mon agrégation de géographie. Mes interlocuteurs m’avaient regardé avec des yeux hagards, croyant que je me fichais d’eux. Un concours pour entrer dans la fonction publique ! Ils me croyaient Français, ils me regardaient comme si j’avais été Soviétique.

Posté par Cl. Desnoyer - Posté le 21 août 2012 à 8 h 45 min

Vous faites mouche, et je vous félicite pour le courage de l’avoir écrit. Ne comptez guère sur une promotion: le milieu n’est pas tendre avec ceux qui trahissent le devoir de silence sur la médiocrité ambiante.
Je pense cependant aux mathématiques: elles échappent à la plupart des tares que vous listez et qui frappent les autres sections: pas de localisme, circulation des profs, ouverture internationale. Thierry Coulhon, cité dans les remerciements, a dû vous alerter sur ce point. Merci d’en tenir compte dans l’hypothèse d’une réédition. Le reste est un délice à lire.

Posté par Copernic - Posté le 23 août 2012 à 7 h 01 min

Bonne enquête, mais aurait du exclure les sections 25 et 26, exemplaires à mon avis. Leur fonctionnement n’a rien à voir en effet avec les autres disciplines, aux mains d’universitaires qui font honte au métier. Sur les mathématiciens, lire le bon article de Bonami et Jaffard dans Esprit, juillet 2012.

Posté par Diablo 4 - Posté le 30 août 2012 à 10 h 26 min

Vous m’avez fait bien rire, c’est déjà ça. Je n’avais pas forcément une haute opinion des universitaires français, vous confirmez que leur réputation médiocre est méritée. Je retiens surtout l’exécration de l’entreprise (y en a-t-il seulement dix parmi eux qui y ont jamais mis les pieds, sinon pour faire une rapide enquête “de terrain”?), du marché (ils ne sont pas les derniers à le faire, le marché, pour leurs gamins). Le milieu, petit bourgeois à l’abri du besoin, semble encore balancer entre Mélanchon et Le Pen. Mais tout ça, c’est la “faute à pas assez de moyens”! Le ministère gobe-t-il vraiment une telle énormité?

Posté par War for Wealth - Posté le 31 août 2012 à 8 h 32 min

La démolition est faite selon les règles. Donc, rien à dire. Après tout les élus du Conseil national des universités n’ont qu’a faire leur boulot: fournir l’information sur leurs activités, être transparents et les reproches que vous leur adressez n’auront plus lieu d’être. Le pire cependant qui ressort de l’ouvrage est l’absence de déontologie de notre profession. Je crois que, tout comme moi, beaucoup ont pu mesurer cette pathologie dans leur expérience quotidienne (notations bâclées, crédits recherche utilisés à l’insu des membres du département, recrutements douteux, copinage éhonté, effets de caste, etc.), mais je n’imaginais pas que dans un organisme élu, supposé être l’interlocuteur du ministère, les dérives népotiques et les arrangements entre gredins aient pu être de cette ampleur. Tragique.

Posté par Galt - Posté le 10 septembre 2012 à 12 h 52 min

Le CNU n’a aucune raison d’avoir été inventé, aucune raison de ne pas être supprimé. Mon expérience, en 19ème, a été catastrophique. Je préfère oublier.

Posté par Jesse Pinkman - Posté le 12 septembre 2012 à 20 h 09 min

Bouquin à lire ! Drôle, bien écrit et qui frappe fort. A quand la dissolution du CNU ? Les apparatchiks qui l’encombrent trouveront bien un asile de nuit pour s’en remettre.

Posté par L. Montgolfier - Posté le 14 septembre 2012 à 6 h 57 min

Il faut suivre les Assises de l’enseignement supérieur. Il faudra alors poser la question du recrutement par les établissements sans qu’il leur soit fait obligation de piocher parmi les “qualifiés”. L’ouvrage esquisse le fait que désormais deux catégories de postulants se font concurrence: les qualifiés, recrutés sous statut de fonctionnaire, et ceux qui ne le sont souvent pas, recrutés sur contrat privé, en CDI comme à la TSE ou à Sciences Po. Il s’agit là d’un premier coin enfoncé dans le monopole du CNU. Si le ministère tolère de telles disparités, il doit aller au bout de sa logique et pousser à la disparition du CNU qui est une nuisance, comme vous le montrez. A raison, la remarque vous est faite de pondérer les critiques vis à vis des mathématiciens: chez nous le localisme est soigneusement traqué et nos publications sont en anglais depuis longtemps. Pour le reste, mes compliments.
L. Montgolfier

Posté par L. Grandjean - Posté le 17 septembre 2012 à 6 h 37 min

Le président de Paris Dauphine semble partager votre avis sur le CNU. Ici même, il soulève encore le problème de l’agrégation du supérieur. Pour ce qui me concerne, c’est l’agrégation tout court qu’il convient de supprimer. Lire à ce propos l’excellent article de Fabrice Bouthillon, Nocivité de l’agrégation, Commentaire, printemps 2012. Il est consternant de noter les privilèges accrochés à ce concours d’une rare stupidité. En quoi l’agrégation renseigne-t-elle sur le potentiel d’un chercheur?

Posté par Kristian - Posté le 5 octobre 2012 à 7 h 21 min

A propos de ce livre ” Le dernier verrou” édité à compte d’auteur, Isabelle Rey y consacre un quart de page et conclue dans le Monde du 9/10 septembre: “son pamphlet ne rend compte d’aucun scandale, dérapage, injustice, passe-droit, ne livre aucun témoignage vérifié. Le discours uniquement à charge, en des termes forts, parfois agressifs, nuit à l’efficacité de la démonstration”…

Cela me semblait utile de le rappeler encore, puisque ce commentaire a été précédemment éradiqué sur ce blog qui se prétend interactif mais rappelle les pratiques de censure d’autres régimes, d’un chercheur se prétendant irréprochable…

Posté par Lagis - Posté le 6 octobre 2012 à 23 h 43 min

Bravo pour cet ouvrage, courageux, qui manquait dans les études sur l’université française bien que, comme le montre la très sérieuse recherche bibliographique à laquelle l’auteur s’est livré, la question a déjà été abordée par de nombreux universitaires, ce qui ne fait que renforcer la légitimité du Dernier Verrou. Le problème n’est pas mince en effet puisqu’il implique la fuite des cerveaux et concerne une communauté de 80 000 personnes en France appartenant à l’élite du pays.
L’ouvrage a le mérite de mettre un terme à la polémique en proposant la suppression pure et simple de ce “machin” totalement incongru dans le paysage universitaire international qu’est le CNU. Les solutions proposées par l’auteur sont pertinentes : que le gouvernement autorise le libre recrutement des candidats par les universités à condition que celles-ci ne soient pas autorisées à choisir des candidats locaux. On pourrait aussi proposer de laisser tout simplement les établissements décider non seulement du recrutement mais aussi des carrières et des salaires et autres primes ou avantages (logement de fonction, bourses, remboursement de frais de déplacement et de transport…), ce qui permettrait de faire le tri entre les bonnes universités qui joueraient le jeu et celles qui continueraient leur petit jeu et y perdraient de fait tôt ou tard leur réputation.
Je m’associe aux avis précédents des internautes sur la nécessité de supprimer les agrégations du Supérieur en Droit, Economie, Sciences politiques et Gestion, qui favorisent une accession éclair des lauréats de ces concours au rang de Professeur des universités, et ce de manière discriminatoire par rapport aux autres spécialités qui ne disposent pas de ce type de levier, d’autant qu’aucun critère scientifique n’y est exigé, ce qui est un comble quand on pense qu’il fallait jadis au moins dix années pour décrocher une thèse d’Etat permettant d’accéder à une chaire… A moins que l’agrégation du supérieur soit généralisée !
A ce propos, je m’inscris en faux contre l’idée défendue par l’auteur que les normaliens et les agrégés (du secondaire cette fois-ci) ne doivent pas être mieux considérés que les autres candidats aux postes d’enseignant-chercheur. Ils ont passé des concours difficiles et appartiennent à l’élite. Ce labeur, ce mérite doivent payer. Les entreprises ne préfèrent-elles pas recruter en priorité et à des salaires très attractifs des jeunes diplômés d’HEC ou de l’Essec ? Ce qui pose réellement problème avec le recrutement de normaliens agrégés c’est, pour prendre une métaphore dans le rugby, s’ils ne “transforment pas l’essai”. Je veux dire par là qu’il ne leur faut pas se reposer sur leurs lauriers mais continuer leurs efforts par des publications pour constituer un dossier scientifique d’excellence qu’on est en droit d’attendre d’eux. Autrement dit, il est injuste de recruter un normalien agrégé en priorité parce qu’il est normalien agrégé et s’appuie sur un réseau ; mais il est juste de recruter plus facilement un Normalien agrégé qui a en plus un excellent dossier scientifique.
Je voudrais signaler qu’en matière de recrutement et de promotion des candidats dans les universités fonctionnant dans le monde sur le mode américain, la recherche n’est déterminante que dans le cas des universités de recherche (une minorité) la plupart, c’est-à-dire les “teaching universities”, faisant passer la qualité de l’enseignement au premier plan et demandant aux candidats à l’avancement de respecter un équilibre entre les tâches administratives, de recherche et d’enseignement. Si le fonctionnement n’est pas aussi opaque qu’en France, tout n’y est cependant pas rose notamment sur la dévalorisation du statut des universitaires devenus surtout des enseignants, sur des salaires et des retraites plus ou moins avantageux, sur la lourdeur des tâches, sur la pesanteur de la discipline et des règlementations, sur les dangers que représente le pouvoir d’étudiants payant très chers leurs droits d’inscription, sur la menace que fait peser la non-obtention du tenure pour les carrières… Il faudrait que nos universités évaluent aussi la qualité de l’enseignement (même si les universités américaines n’y prêtent qu’un intérêt consultatif sauf s’il s’agit de se débarrasser d’un candidat au tenure) et celle du travail administratif (qui est encore attribué le plus souvent par favoritisme en France).
Il est dommage que l’ouvrage ne fasse pas assez appel aux témoignages car le CNU est gangréné par la politisation et la mainmise archaïques des syndicats, les renvois d’ascenseur, les règlements de compte, le favoritisme et le népotisme, en bref par la magouille indigne de notre pays et d’une démocratie et qui fait payer un lourd tribut à l’université et à la société française en général. Il existe bien des drames personnels, des carrières ruinées causées par cette situation, dont le ministère sait très bien la teneur compte tenu des nombreuses plaintes qu’il reçoit chaque année de la part des candidats souvent brillants et toujours atterrés, qui n’ont pas pu être repêchés en “appel” au CNU. Sait-on aussi qu’il existe des membres “nommés” qui sont en fait nommés à vie et non pas élus ?!
On regrettera la trop mauvaise diffusion de l’ouvrage publié sans l’appui d’une maison d’édition établie, même si la presse s’en est fait quelque peu l’écho. Faute de ce soutien, le travail éditorial n’a pas pu être suffisamment poussé : coquilles, redites auraient ainsi pu être évitées et probablement aussi certains manques comblés.
Malgré la contribution salutaire de François Garçon, il est à craindre que hélas rien ne change, compte tenu du manque de courage de nos politiques, qui se refusent aux réformes structurelles pour préserver leurs carrière et celles de leurs conseillers… tout comme nombre d’universitaires du CNU et d’universitaires tout court !

Posté par Vintorinox - Posté le 9 octobre 2012 à 14 h 56 min

L’ouvrage est mal distribué, et c’est dommage. Le style est tranchant et le propos argumenté. Mathématicien, ex-membre de la section 25, je peux confirmer tout ce que j’ai pu entendre ici et là et que l’auteur décrit cruellement. En revanche, je rejoins quelques avis réservés émis par les mathématiciens: les pratiques qu’analyse Garçon ne nous concernent guère: nous publions principalement en anglais et le localisme est cantonné. Pour le reste, l’ouvrage est une excellente descente dans l’enfer de la médiocrité française. Bravo! L’auteur annonce maintenant une étude sur l’enseignement supérieur suisse…

Posté par P. Lescaze - Posté le 9 octobre 2012 à 15 h 06 min

Je note sur Wikiberal que Francis Garçon n’a plus vingt ans. Il n’a donc plus grand chose à espérer de l’institution, qui ne lui fera pas de cadeaux. Ceci expliquant cela, est-ce là le ressort de sa liberté de ton? On ne la lui reprochera pas,mais on aurait aimé lire cet ouvrage signé par un universitaire entrant dans la carrière. Ca n’enlève rien aux propos percutants de l’auteur (il touche juste sur tous les thèmes qu’il aborde), mais il ne pourra pas suivre très longtemps encore l’évolution de son objet d’étude. Souhaitant que d’autres prennent le relais.

Posté par Polux & castor - Posté le 9 octobre 2012 à 17 h 34 min

Tous ceux ayant siégé au CNU, dans n’importe quelle section, s’y sont portés candidats pour, à les en croire, faire contrepoids à la médiocrité de l’organisme ! Le plus souvent, ils étaient les pires d’entre nous, petits carriéristes, ambitieux sans talents, incapables d’écrire ou de produire, se vengeant sur les autres, exerçant leur empire sur ceux qu’ils jalousaient. Ce livre montre comment tous y parviennent, et comment la machine est conçue pour accueillir ces gens médiocres, et eux seuls ! Félicitations à l’auteur, il a touché la bonne cible. Je crains qu’il n’en sorte rien, même si le livre, à ce que crois savoir, circule à la DGESIP. Trop d’intérêts à protéger, trop de petits chefs à ménager.

Posté par Terminator - Posté le 10 octobre 2012 à 7 h 11 min

La démonstration est solide, ok. Le style est coupant. Donc, rien à dire: le Conseil national des universités, pour ceux qui en doutaient, ne sert à rien. Simple réserve: j’aurais aimé que Garçon revienne sur les magouilles se déroulant dans certaines sections (2, 4, 9, 19, 21 et 71 notamment). Ces tripatouillages connus auraient mérité un chapitre à part entière. Les démontage de la “qualification” (sic) ou de “l’évaluation” (sic) sont par ailleurs un régal. Quand on songe qu’il s’agit là de notre université… Qui s’étonnera de là où la situent non pas les palmarès internationaux, mais nos propres collègues, en poste à l’étranger?

Posté par D. Sibau - Posté le 10 octobre 2012 à 8 h 29 min

Du bel ouvrage, mais pourquoi l’auteur a-t-il été chercher une préface de Philippe Gillet? En tant que vice-président de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne? Ou bien en tant qu’ex directeur de cabinet de Valérie Pécresse? Si tel est le cas, Gillet ne manque pas de toupet. Quand il était rue Descartes, on ne l’a guère entendu pester contre le CNU. Il est vrai que les apparatchiks ont la mémoire courte. En attendant, nous qui sommes restés en France, nous nous coltinons le CNU.

D. Sibau

Posté par Beau Parleur - Posté le 10 octobre 2012 à 13 h 41 min

Garçon ne se serait-il pas porté candidat sur une liste du CNU et n’aurait-il pas été débouté? Il semble trop bien connaître l’institution pour ne pas en avoir fait lui même partie. L’enquête est solide, mais le ressort de sa démarche est suspect.

Posté par Jacques Suédaux - Posté le 10 octobre 2012 à 21 h 41 min

L’ouvrage n’est pas facile à trouver mais vaut son pesant d’or. Je ne reviendrai pas sur l’écriture, bien ourlée. On se régale car on est dans le style férocement classique des bons polémistes. Le plus intéressant au fil des pages est la découverte de la matrice de notre enseignement supérieur, ce Conseil national des universités dont personne n’a connaissance dans le grand public. A tous points de vue, il s’agit d’une horreur française: non seulement, ses membres semblent plus médiocres les uns que les autres, mais tout est soigneusement mis en place pour que cette médiocrité dont ils sont les plus fervents avocats leur survive. Le livre refermé, il semble évident qu’il n’y a de solution que dans la fuite, ce qu’ont fait beaucoup de nos cerveaux, émigrés aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne. Il y a aussi ce processus de qualification qui doit tenir à l’écart des milliers de jeunes chercheurs à qui notre enseignement supérieur reste fermé. Qui prendra un jour la décision courageuse de dire stop à une telle gabegie. En tout cas, merci pour cette enquête qui devrait faire date. Seule question: je m’interroge moi aussi sur la préface de Gillet. Il a tourné sa veste, est parti en Suisse, et il a fait semble-t-il le bon choix. Ce revirement ne l’exonère pourtant pas de sa responsabilité alors qu’il était chef de cabinet de Valérie Pécresse. Il avait alors les cartes et les cartouches pour faire sauter ce “verrou” français qu’est le CNU. Que ne l’a-t-il pas fait? L’explication que donne François Garçon, celle d’un marchandage pour faire passer la LRU, fait référence à un entretien avec un haut fonctionnaire de la DGESIP. On aurait aimé savoir qui est cette source, une des rares qui restent imprécise.

J. Suédaux.

Posté par Tu quoque, fili! - Posté le 11 octobre 2012 à 10 h 08 min

@Vintorinox: “l’auteur annonce maintenant un ouvrage sur l’enseignement supérieur suisse”. Je m’interroge: si le système français qu’il dénonce avec tant d’ardeur est si pestilentiel, pourquoi Garçon n’a-t-il pas fait ses valises? Les Suisses ne voudraient-ils pas de lui? A cracher dans la soupe, on ne s’attire pas que des amis, même quand la soupe est un brouet infecte.

Posté par BMX13 - Posté le 11 octobre 2012 à 18 h 08 min

La démonstration était trop belle: Geneviève Fioraso a mis un terme à l’évaluation que le CNU s’apprêtait à faire des collègues. Autant s’en réjouir. A corriger dans une prochaine réédition.

Posté par Malthus - Posté le 16 octobre 2012 à 15 h 22 min

Bouquin ravageur. Mais le malade appelait-il un autre diagnostic? Garçon a fait le boulot du médecin légiste. Maintenant qu’il est clair que le CNU est un gros cadavre, autant s’en débarrasser. Allez, Geneviève, du courage !

Posté par P. Nadelait - Posté le 17 octobre 2012 à 19 h 16 min

Pour écrire un tel ouvrage, il ne faut pas avoir grand chose à perdre. L’institution ne fait pas de cadeau à ses renégats. François Garçon a-t-il un plan B et quel est-il? Reste qu’il a désormais tort pour ce qui concerne les promotions. Fioraso a admis qu’elles n’étaient pas du ressort du CNU. L’ouvrage a été publié avant la décision, à ce que je crois. A corriger donc pour la suite.

Posté par Francois Garçon - Posté le 18 octobre 2012 à 9 h 15 min

@P. Nadelait: Le dernier verrou a été envoyé chez l’imprimeur en avril 2012. François Hollande a été élu le 6 mai. Je ne pouvais pas anticiper sur les décisions d’un(e) ministre non encore nommé(e). Je suis encore incapable d’annoncer quelles décisions G. Fioraso prendra d’ici la fin de son mandat, de même suis-je incapable de prédire si, en juin prochain, la météo sera clémente ou non sur l’île de France.

Posté par TOPGUN - Posté le 19 octobre 2012 à 7 h 08 min

Scandaleux ! C’est le seul adjectif qui me vient à l’esprit après avoir refermé l’ouvrage de Garçon. De deux choses l’une: soit ce que décrit Garçon est faux. Le ministère et les collègues cités doivent protester, voire l’attaquer en diffamation. Soit ce que l’auteur analyse est exact, et dès lors il revient au Ministère de prendre des mesures. Se peut-il vraiment que l’épisode de la qualification, tel qu’il est décrit, soit aussi sauvagement saboté par les élus du CNU? Je comprends mal que les jeunes collés ne réagissent pas plus bruyamment au fait qu’ils soient décimés dans pareilles proportions! Le milieu est non seulement sous-informé mais je le crois aussi assez lâche dans le fond. Ne pas faire de bruit, car on imagine qu’ayant rué dans les brancards, la commission ne vous ratera pas l’année suivante. Ce livre est désespérant.

Posté par Caius - Posté le 23 octobre 2012 à 20 h 46 min

Trop laid pour être vrai. Livre à mettre évidemment dans toutes les mains. J’ai bien aimé le chapitre sur l’universitaire et l’entreprise. Et qui ose prétendre que la société du futur se prépare sur les bancs de nos universités? Quelle société? Quel futur? Pauvre France.

Posté par Andrew Smith - Posté le 25 octobre 2012 à 14 h 23 min

J’ai bien ri en lisant ce livre. Le journal Le Monde l’a trouve “agressif”. Si j’en juge par ce que l’auteur decrit, c’est pas agressif le terme qui convient, mais indulgent. Universitaires Francais, comment supportez-vous un tel systeme de douane? Ou est votre interet?

Posté par Andrew Smith - Posté le 26 octobre 2012 à 8 h 01 min

Je reviens a la charge. Ce qui est note dans l’ouvrage sur l’ignorance revendiquee de l’anglais dans l’etude des dossiers de chercheurs n’a qu’une issue possible : le suicide.Si les chercheurs francais se suicident, qui alors nous invitera dans les colloques en France?

Posté par PR38 - Posté le 12 novembre 2012 à 16 h 10 min

Le livre est difficilement trouvable. Il vaut pourtant le déplacement: en le lisant, je me suis dit: mais que fais-je dans ce marigot ? A Lyon 2, nous sommes restés en grève une bonne quinzaine de semaines voilà quelques années et tous les étudiants ont eu leur diplôme. Les plus farouches partisans de la grève se trouvaient sur les listes CNU, dans pratiquement toutes les disciplines enseignées. Ils étaient la pointe du mouvement. Ce sont eux qui, alors qu’ils galvaudaient les diplômes, mitraillaient au même moment les candidats à la qualification. D’un côté, ils ouvraient les vannes pour des milliers d’étudiants qui n’avaient rien étudié, de l’autre, ils fermaient l’accès au métier. Quand je songe que ces mêmes lobotomisés valident des thèses, des Hdr, crachent sur le monde de l’entreprise, on comprend mieux pourquoi tant de nos étudiants filent à l’étranger et, surtout, pourquoi ils se battent pour aller en CPGE. Tout sauf la fac est un slogan qui, par la faute de ces cohortes d’enseignants-chercheurs rebelles comme il se doit, prend tout son sens au vu d’un tel spectacle.Cet ouvrage, qui se trompe sur la question de l’évaluation qui ne semble plus d’actualité avec Fioraso, n’effrayera que ceux qui ne connaissent pas notre milieu.

Posté par Laurent Carraro - Posté le 13 décembre 2012 à 13 h 33 min

Bravo pour cette belle contribution. Je ne sais si je suis un renégat (cf. commentaire précédent) mais j’applaudis, approuve ce point du vue salutaire, et assume les conséquences.

Je me permets de citer mon dernier post sur Educpros, qui a été réalisé avant d’avoir avalé ce livre essentiel.
http://blog.educpros.fr/laurent-carraro/
Il ne faut pas lacher…

Laurent Carraro

Posté par AEF - Posté le 13 décembre 2012 à 14 h 30 min

Anne Mascret
Ligne directe: 01 53 10 39 32
Dépêche n°175442
Paris, mercredi 12 décembre 2012, 16:50:10

DÉCRYPTAGE. Faut-il supprimer le CNU ?
• Dossier

« En finir avec le CNU. » Tel est le sous-titre de l’ouvrage « Le dernier verrou » de François Garçon, maître de conférences à Paris-I, qui estime qu’ « une bonne part du déclin aujourd’hui constaté de l’enseignement supérieur français peut être imputée au CNU (Conseil national des universités) ». Si l’analyse de l’auteur est développée dans des termes parfois radicaux, l’idée de supprimer cette instance notamment en charge de la qualification des thésards et de la moitié des promotions des enseignants-chercheurs est partagée par certains acteurs du milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche français. On peut ainsi lire sur le « site officiel » de François Garçon les messages de soutien de Laurent Batsch, président de Paris-Dauphine, lequel « partage intégralement [le] diagnostic fort bien établi » de l’auteur, ou celui d’Alain Fuchs, président du CNRS, qui écrit à propos de l’ouvrage : « C’est peu dire que je partage votre point de vue. »

Au-delà des dysfonctionnements du CNU mis au jour avec les questionnements autour des « auto-promotions » et de la remise en cause de la compétence scientifique de ses membres élus sur listes syndicales, ses détracteurs lui reprochent d’être un frein à l’autonomie des universités en matière de recrutement.

LE CNU DÉPOSSÈDE-T-IL LES UNIVERSITÉS DE LEUR STRATÉGIE DE RECRUTEMENT ?

CNU contre localisme. Le débat principal autour du CNU concerne l’articulation entre le niveau local et le niveau national. Si les uns voient le CNU comme le garant du statut national des enseignants-chercheurs et le « dernier rempart » contre le « localisme » entendu au sens de « copinage » et « clientélisme », d’autres lui reprochent indirectement de déposséder les universités d’un aspect essentiel de leur stratégie et donc de leur autonomie, à savoir le recrutement et la gestion de carrière de leurs enseignants-chercheurs. Dans les tableaux de bord de l’EUA sur l’autonomie des universités européennes, la France se retrouve en effet en bas du tableau, au 27e rang pour l’autonomie en matière de gestion des ressources humaines (AEF n°158048). Philippe Gillet, vice-président de l’École polytechnique de Lausanne et ancien directeur de cabinet de Valérie Pécresse, estime que « les grandes universités se distinguent par la qualité des gens qu’elles recrutent et qu’elles promeuvent. Une université dont la promotion et le recrutement ne se font pas complètement chez elle n’est pas une université autonome », indique-t-il, plaidant pour un « système fondé sur le jugement des pairs mais interne à l’établissement ». Il pense à ce titre que le CNU est « voué à disparaître » (AEF n°164024).

Pas de capacité d’évaluation individuelle dans les universités. « Aujourd’hui, le CNU constitue encore un rempart contre certains dangers, notamment de collusion et d’endogamie », indique pour sa part Philippe Aghion, professeur d’économie à Harvard et à l’École d’économie de Paris (AEF n°172201). « Mais quand l’autonomie fonctionnera mieux, que la gouvernance sera mieux équilibrée et que le président d’université ne sera plus tout puissant, le CNU aura sans doute moins lieu d’être », poursuit-il. Allant dans le même sens, Jean-Marc Schlenker, président du comité de suivi de la loi LRU, se veut pragmatique : « Il n’y a pas aujourd’hui de capacité d’évaluation individuelle dans les universités, donc on ne peut pas supprimer le CNU. Il faudrait le supprimer à terme, mais cela ne peut se faire du jour au lendemain. »

REMISE EN CAUSE DE LA COMPÉTENCE SCIENTIFIQUE DES MEMBRES DU CNU

Pas les meilleurs ? Pour Jean-Marc Schlenker, l’autre problème de taille que pose le CNU concerne la « compétence scientifique » de ses membres. C’est en effet l’une des critiques récurrentes faite au CNU : « Osons dire que ces pairs ne sont ni les meilleurs, ni les mieux inspirés dans les disciplines qu’ils sont supposés défendre », écrit François Garçon, ajoutant qu’ils sont « peu représentatifs de l’excellence dans leur discipline par la notoriété des travaux publiés ou leur fréquence ». À l’heure actuelle, les deux tiers des membres du CNU sont élus pour quatre ans à la proportionnelle au plus fort reste sur listes syndicales ou associatives, et l’autre tiers est nommé par le MESR. Pour rappel, la proportion était de 50%-50% dans les premiers textes sur le CNU (décret de 1972 relatif au comité consultatif des universités).

Ne pas choisir les évaluateurs sur critères syndicaux. Pour Serge Haroche, prix Nobel 2012 de physique et administrateur du Collège de France, « les experts ne doivent être choisis qu’au vu de leurs compétences scientifiques et non sur des critères politiques ou syndicaux. L’évaluation, qu’on le veuille ou non, est une démarche scientifique, donc élitiste au bon sens du terme, et non une procédure démocratique », ajoute-t-il (AEF n°175145).

Des élus porteurs des valeurs de service public. A contrario, le Snesup-FSU, dont l’une des membres est aujourd’hui à la tête de la CP-CNU (Commission permanente du Conseil national des universités), prône « le maintien du CNU en l’état », expliquant que « l’élection sur listes syndicales permet de garantir d’avoir des représentants compétents scientifiquement et porteurs des valeurs de service public ». Le syndicat SupAutonome et l’association QSF, tous deux favorables au maintien du CNU, estiment quant à eux qu’il suffit de « rendre publics les CV des gens qui se présentent afin de s’assurer de leur qualité scientifique ».

REVOIR LE MODE DE DÉSIGNATION

Trouver un système intermédiaire. Jean-Marc Schlenker juge donc urgent de « revoir le mode de désignation des membres du CNU » en se basant sur trois principes. « Il faut intégrer les questions déontologiques : on n’évalue pas ses collègues de labo ou ses anciens étudiants. Il faut faire appel à des experts extérieurs, y compris internationaux. Et c’est la compétence scientifique qui doit primer. » Jean-Marc Schlenker précise qu’il faut trouver « un système intermédiaire entre la nomination par l’État et l’élection sur liste syndicale ».

100 % de nommés ou scrutin uninominal ? Si SupAutonome veut « garder la proportion de deux tiers d’élus, un tiers de nommés », QSF souhaiterait « que 100 % des membres soient nommés » et que l’élection ne se fasse pas « sur liste syndicale ». Le blogueur Pierre Dubois est lui aussi favorable à « changer le mode de scrutin », plaidant pour « un scrutin uninominal à deux tours », les candidatures individuelles « ayant au préalable fait l’objet d’un certain nombre de soutiens nominaux ». Reste à savoir si les « meilleurs » de la discipline seraient candidats dans ce contexte. Le blogueur « croit que oui », qualifiant les enseignants-chercheurs de « gens responsables qui acceptent de servir leur communauté universitaire ». C’est en tout cas ce mode de scrutin qui a déjà cours à l’heure actuelle pour les disciplines médicales, odontologiques et pharmaceutiques (CNU santé).

FAIBLE TAUX DE PARTICIPATION

Comparaison avec les élections des CA des universités. Quoiqu’il en soit, l’élection des membres du CNU tous les quatre ans ne mobilise pas plus de la moitié de la communauté des enseignants-chercheurs : en effet, le taux de participation en 2011 avoisinait les 49,1 % (60 % chez les professeurs, 44 % chez les maîtres de conférences). En 2007, il était de 47,3 % (AEF n°85392), contre 45,5 % en 2003 et 57,3 % en 1999 (AEF n°37642). C’est « assez peu, si l’on considère que le CNU est quand même un organe qui influe énormément sur la carrière des collègues », reconnaît Colette Guillopé, élue du Sgen-CFDT (AEF n°157227). À titre de comparaison, la participation moyenne aux élections des conseils d’administration des universités s’est élevée, en 2012, à 78 % en collège A (professeurs) et à 66 % en collège B (maîtres de conférences) (AEF n°168176).

Comparaison avec le CoNRS, le Cneser et le CTPMESR. Mais le taux de participation au CNU est tout de même près de 12 points supérieur à celui des élections 2012 des membres du CoNRS (Comité national de la recherche scientifique), qui était de 38,4 % pour les chercheurs (contre 43,5 % en 2008 et 61,9 % en 2004) (AEF n°170822). La participation est aussi plus élevée que pour d’autres élections nationales : s’agissant du Cneser, le taux de participation était de 16,6 % chez les professeurs en 2011 et de 12,5 % chez les autres enseignants (AEF n°147897). Au CTPMESR (Comité technique paritaire ministériel de l’enseignement supérieur et de la recherche), la participation était de 30,4 % en 2010 (AEF n°132027).

RÉPARTITION PAR DISCIPLINES

Frontières périmées. Une autre critique faite au CNU concerne son organisation en 52 sections disciplinaires. François Garçon relate dans son livre qu’en 2009, 75 % des refus de qualification en section 26 (mathématiques appliquées), par exemple, « sont justifiés par une inadéquation de la candidature au domaine disciplinaire recouvert par la section ». Il parle de frontières « aujourd’hui périmées », qui nuiraient à tous les travaux pluri ou interdisciplinaires.

Pour SupAutonome, l’évaluation ne peut au contraire se faire « que par discipline car il faut connaître les spécificités, les bonnes revues… Prenons un exemple en littérature du 19e siècle : la meilleure revue ne publie pas de résumé en anglais. À en croire l’Aeres, ce serait donc une revue de catégorie B ! », s’insurge le président du syndicat, Jean-Louis Charlet.

LES « AUTO-PROMOTIONS »

Section 19. L’image du CNU a en outre été ternie ces dernières années par le problème des « auto-promotions » : plusieurs sections autorisent en effet à leurs membres d’être candidats à une promotion, quand d’autres le refusent par principe. Ces pratiques ont été critiquées, comme dans la section 19 (sociologie-démographie), où la quasi-totalité des membres élus a été promue (AEF n°150741).

Risque de tarissement du vivier. La présidente de la CP-CNU, Dominique Faudot, réfute pourtant le terme d’ « auto-promotion », expliquant qu’il existe une règle de déport selon laquelle la personne ne siège pas durant l’examen de son propre dossier (AEF n°159418). Les défenseurs de cette pratique expliquent en outre que si l’on interdit à un membre d’être candidat à une promotion, cela signifie qu’être membre du CNU constitue un frein à la carrière et qu’à terme, il risque de ne plus y avoir de candidats de valeur. « Quatre ans, c’est long dans une carrière ! », abondent par exemple Olivier Beaud, président de QSF, ou Colette Guillopé du Sgen-CFDT (AEF n°155287).

QUID DU CNU APRÈS DES ASSISES DE L’ESR ?

Suppression de la qualification ? À l’heure où le comité de pilotage des assises de l’enseignement supérieur et de la recherche rédige son rapport de synthèse et où se prépare la prochaine loi, le mot d’ordre est-il à la restriction des pouvoirs du CNU ? L’avenir le dira. Pour l’heure, le comité de pilotage a simplement posé, lors des assises nationales, la question de la suppression de la « qualification », parlant de « procédure très chronophage, appliquée à certains recrutements et pas à d’autres et signe d’un manque de confiance unique au monde ». Cette procédure, qui a succédé à l’inscription sur liste d’aptitude dans les limites numériques fixées chaque année par le ministre (décret de 1972 relatif au comité consultatif des universités), date de 1992 (décret du 22 janvier 1992 relatif au CNU). Le CNU, qui compte environ 1 500 membres, a examiné 15 600 dossiers de candidats à la qualification en 2009, 12 600 en 2010, indique François Garçon dans son livre. « Je ne comprends pas bien à quoi sert la qualification », explique Rémy Mosseri, membre du comité de pilotage et directeur de recherches au CNRS. « Est-elle un prérequis de qualité ? Non, puisque pour les organismes, le doctorat suffit. Le seul moyen de lutter contre le localisme ? J’aimerais avoir des chiffres pour savoir combien de recrutements locaux cette procédure a permis d’éviter. Toujours est-il que si c’est cela l’objectif, il est urgent de trouver un processus moins cher et moins chronophage. » Ce à quoi Olivier Nay, vice-président de la CP-CNU, répond que « mettre fin à la qualification reviendrait à supprimer le seul volet national du recrutement des enseignants-chercheurs, ce qui n’est juridiquement pas possible ».

Un rôle accru en 2009. Rémy Mosseri ajoute toutefois que « le comité de pilotage est en revanche tout à fait favorable à donner une place plus importante au CNU pour l’évaluation des unités de recherche ». Le CNU se verra-t-il dès lors échoir un rôle encore accru après ces assises, tout comme en 2009 ? Cette instance spécifiquement française (1) est en effet, contre toute attente, ressortie confortée du quinquennat de Nicolas Sarkozy : face au mouvement des enseignants-chercheurs contre la réforme de leur décret statutaire en 2009, Valérie Pécresse a accordé au CNU un pouvoir supplémentaire (décret du 23 avril 2009) : l’évaluation quadriennale des enseignants-chercheurs (2). Si cette mesure est pour l’instant ajournée par la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso (AEF n°169461), l’enjeu de l’évaluation des enseignants-chercheurs reste posé et il n’a pas pour l’instant été question d’en déposséder le CNU.

LES PROBLÈMES POSÉS PAR L’ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS

Une nouvelle mission toujours pas mise en oeuvre. Pourquoi, trois ans après la modification du décret CNU, cette nouvelle mission n’est-elle toujours pas mise en oeuvre ? L’ancien CNU a décidé dès le départ que l’application en reviendrait au nouveau, élu en 2011. La CP-CNU, présidée par Frédéric Sudre, a donc travaillé pendant deux ans à l’élaboration d’un rapport d’activité type pouvant servir de support à cette évaluation (AEF n°146941). Mais une fois le nouveau CNU élu, ce dernier a demandé et obtenu un moratoire (AEF n°159348), puis l’ajournement de cette mission (AEF n°169461). Très récemment, la CP-CNU a même adopté à 60 % une motion contre l’évaluation « individuelle, systématique et récurrente » des enseignants-chercheurs, demandant la suppression de l’article qui l’instaure dans le décret du 23 avril 2009 (AEF n°172849). Le CNU ne souhaite donc pas exercer cette mission, estimant que les enseignants-chercheurs sont déjà suffisamment évalués.

La finalité de l’évaluation individuelle encore en question. De fait, outre les problèmes « logistiques » liés à l’évaluation de 57 500 enseignants-chercheurs, un certain nombre de questions de fond restent posées : quelle est la finalité de cette évaluation ? Doit-elle avoir des conséquences en termes de modulation de services ou d’attribution de primes ? Comment évalue-t-on l’ensemble des missions, en particulier l’enseignement, l’implication dans l’établissement et les tâches administratives ? Comment fait-on remonter les informations des établissements, qui sont les seuls à pouvoir évaluer l’activité d’enseignement, par exemple ? Qui est le destinataire de cette évaluation : l’enseignant-chercheur seulement, ou sa hiérarchie ? Au final, le plus urgent est de véritablement définir la finalité de l’évaluation. Car comme l’expliquait déjà Frédéric Sudre quand il était président de la CP-CNU, le risque reste de mettre sur pied une « énorme machine » pour un résultat pratique « assez léger » : à savoir, identifier les quelques enseignants-chercheurs qui posent problème ou qui ne font pas leur service, mais que tout le monde connaît déjà (AEF n°146941).
(1) La sociologue Christine Musselin explique que la France est le « seul pays où la gestion des enseignants-chercheurs est confiée en partie à une instance centrale » : « En Allemagne, ce sont les établissements qui définissent et mettent en place leur propre système d’évaluation pour les professeurs nouvellement recrutés dont une partie des rémunérations est dorénavant fixée au mérite. En Grande-Bretagne, il s’agit d’une évaluation externe via le RAE (research assessment exercise) et les ‘grants’. Aux États-Unis, c’est un système mixte : chaque enseignant remet un rapport d’activité à son département qui ensuite négocie les augmentations de salaires avec le ‘dean’ de l’université. Et parallèlement, il y a des évaluations externes, par exemple pour les promotions », explique-t-elle (AEF n°109542).

(2) L’élargissement des missions du CNU en 2009 s’est accompagnée d’une augmentation de ses moyens de fonctionnement (indemnités, décharges), de nouvelles règles de déontologie et de l’institution de la CP-CNU (Commission permanente du Conseil national des universités) sous forme d’association. On est en revanche resté à une proportion de 50/50 en matière de promotions entre le niveau local et national.

Pour approfondir sur la réforme de 2009, L’ORS (L’Officiel de la recherche et du supérieur, magazine en ligne d’AEF) a publié un cahier spécial en mai 2009 sur le nouveau statut des enseignants-chercheurs et la réforme du CNU (accessible pour les abonnés).

Posté par J. Lefait - Posté le 14 décembre 2012 à 7 h 54 min

Merci à l’AEF par qui j’ai appris l’existence de l’ouvrage, pas facile à trouver.

Posté par Mater dolorosa - Posté le 14 décembre 2012 à 19 h 00 min

L’auteur développe avec des arguments convaincants la haine de l’entreprise, du marché, du capitalisme qui animent toutes ces sections. Elles ne se déclarent pas telles, mais les conditions posées à la qualification puis à la distribution des sucettes, témoignent de cette haine de l’enseignement supérieur français pour la seule chose qui crée de la richesse et qui est l’entreprise. Cette haine sur fond d’ignorance tient à la consanguinité du miliieu: on s’y marie et on s’y reproduit entre profs. Dramatique.

Posté par HALTLA - Posté le 14 décembre 2012 à 22 h 31 min

Le CNU, un mal français ? Peut-être, encore que… Mais le vrai mal français, c’est le climat de guerre civile qui entoure cette question, comme bien d’autres, et le ton de procureur adopté par l’auteur, et plus encore par ceux qui font ici un éloge sans nuances de son bouquin.

On peut discuter des structures et des institutions, des mérites comparés (ou à mieux articuler ?) d’une instance nationale et des autonomies locales. On peut redire ce que tout le monde sait du désolant spectacle de la section 19. Mais pourquoi traiter de gredins fieffés , indistinctement, tous les membres de toutes les sections ? Pourquoi faire semblant de croire que tous les recalés étaient géniaux ? Pourquoi laisser entendre que les membres du CNU seraient plus “anti-entreprises”, anti-anglais, etc, que la moyenne de leurs collègues ? A trop tomber dans la caricature, on affaiblit le propos.

Surtout,, on éteint le débat avant qu’il n’ait commencé. Merci à la journaliste de l’AEF, entre autres, de remettre tout cela en perspective.

Posté par Mater dolorosa - Posté le 17 décembre 2012 à 21 h 17 min

@Hatla: Il n’y a aucun climat de “guerre civile” qui entoure le CNU. Ses 1800 membres ont ronronné pendant trente ans jusqu’à ce qu’un bouquin dise tout haut ce que nous pensons sans jamais l’avoir lu nulle part avant. Il faut un sacré toupet pour parler d’un ton de procureur quand les membres du CNU agissent à la manière de flics (Garçon parle à tort de “douaniers”), de petits flics qui jouissent de leur pouvoir de nuisance. L’esprit anti-entreprise est bien montré dans le bouquin. Il se lit dans les recommandations faites aux candidats à la qualification, dans les conseils faits à ceux qui aspirent à une promotion, à ceux qui quémandent une prime. L’enseignement supérieur français est entre les mains de profs, fils et filles de profs, eux-mêmes fils et filles d’instituteurs. Ce monde est incestueux, fonctionne en vase clos, très content de lui. Pendant ce temps, le pays coule. Hatla est-il vraiment sérieux quand il ironise sur l’aspect “anti-anglais” du CNU?

Posté par Chatelnox - Posté le 18 décembre 2012 à 8 h 25 min

La charge de Garçon aurait plus de poids s’il savait de quoi il parle. Or il n’a jamais appartenu à la structure qu’il dénonce. La dénoncerait-il faute d’être parvenu à en faire partie?

Posté par parabellum - Posté le 19 décembre 2012 à 14 h 43 min

@Chatelnox: jamais rien lu de plus con. Pour dénoncer le plagiat, il faut avoir soi-même été plagiaire? Pour dénoncer un viol commis sur un enfant, il faut avoir été soi-même violeur et pédophile? Au lieu de débiter des âneries, utilisez le peu de cerveau qui vous reste. L’organe en question risque de chauffer, mais n’ayez crainte, il ne prend que rarement feu. Et vous concernant, je n’ai aucune inquiétude.

Posté par Fusselier - Posté le 7 janvier 2013 à 8 h 43 min

La lecture de votre ouvrage devrait être imposée à Mme G.Fioraso. Elle débiterait moins de sottises.

Posté par P. Minkovski - Posté le 4 février 2013 à 20 h 04 min

Diable d’ouvrage, diable de Garçon !

Posté par cnununu - Posté le 5 février 2013 à 14 h 01 min

Exemple très récent de décision totalement injustifiée qui discrédite totalement l’institution : Section X, un enseignant en Espagnol est qualifié alors que son dossier de recherche est vide (Seule sa thèse a été publiée). Mais dans le même temps, on refuse la qualification à une autre qui présente pourtant plusieurs articles, outre sa thèse. Motifs du refus : proximité des articles avec la thèse (on croit rêver, qui écrit des articles hors de son champ de compétence ?), femme (qui parle de discrimination), enseignante dans une université catholique (où les profs du publics sont heureux de venir arrondir leurs fins de mois, où les diplômes sont les mêmes, où les enseignants ont obtenus leurs grades dans le public, sur les mêmes bancs que leurs homologues et dans les mêmes conditions…)…Injustice ? Non, simplement discrimination scandaleuse, copinage et absence de critères objectifs…Réformer le CNU ? Plutôt le supprimer, et vite… La liste des scandales s’allonge et n’honore pas notre système universitaire ni celles et ceux qui font honnêtement et courageusement leur métier… Il en reste.

Posté par François Garçon - Posté le 5 février 2013 à 20 h 40 min

A propos du post de Cnununu nous avons reçu le mail suivant:
Bonjour, Nous avons appris par un collègue qu\\’une information concernant l\\’une de nos enseignantes avait été postée en commentaires sur votre blog sous l\\’article \\”le dernier verrou…\\” La personne concernée ne souhaite pas que ce commentaire figure sur votre blog et nous vous serions très reconnaissant de le supprimer. Message : \\”Posté par cnununu – Posté le 5 février 2013 à 14 h 01 min -Exemple très récent de décision totalement injustifiée qui discrédite totalement l’institution : Section (supprimée), un enseignant en Espagnol est qualifié alors… \\” Vous remerciant, cordialement.

Considérant la gravité des faits, nous avons décidé d’occulter la section concernée. Considérant la plausibilité du maquignonnage nous avons décidé de conserver ce témoignage qui illustre la thèse selon laquelle le CNU est entre les mains de gens qui n’appellent guère de respect.

Posté par G. Lefait - Posté le 6 février 2013 à 19 h 07 min

Les moeurs de voyous sont généralisés dans le milieu universitaire français. Le CNU doit disparaître et l’argument selon lequel il assure une qualité hors norme en matière de recrutement dans les établissements est une blague. Une sale blague comme en témoignent tous les documents qui accompagnent une décision de qualification ou de refus de qualification. Pour en être certain, amusez-vous donc à demander copie de votre dossier recalé à la section CNU dont vous dépendez! Vous constaterez qu’il s’agit de voyous à qui le ministère a confié les clés de l’enseignement supérieur. Faites-vous même l’expérience de cette voyouterie.

Posté par Y. Croir - Posté le 6 février 2013 à 19 h 43 min

Le dernier verrou est un excellent bouquin, superbement mal distribué. Je vous recommande de l’envoyer directement à la Ministre et à ses conseillers car il improbable qu’ils aient pris la peine, comme je l’ai fait, de s’adresser directement à l’éditeur et de passer par Paypal. Bon, ça marche, mais c’est quand même laborieux comme système de vente.

Posté par Jesse Pinkman - Posté le 7 février 2013 à 19 h 42 min

Vous m’avez bien fait rire. Je suppose qu’on doit vous le faire payer. Mais après tout, vous savez mieux que quiconque à qui vous avez affaire. Dommage que le CNRS ne soit que survolé, car la médiocrité qui y règne gagnerait à être dévoilée.

Posté par Roi UBU - Posté le 9 février 2013 à 14 h 40 min

Vu de l’étranger, ce CNU est une drôlerie française. Quant on lit ce qu’écrivent ses avocats, on reste sans voix. Un conseil, Messieurs, venez me voir à Montréal, je vous organiserai un Campus Tour, avec entretiens avec mes confrères. Vous aurez l’occasion de noter à quel point vos propos trahissent votre appartenance au siècle passé.

Posté par P.H. Levy - Posté le 11 février 2013 à 11 h 50 min

L’enquête est très minutieuse, le propos ravageur. On sait de toutes manières que rien ne changera et que cette monstruosité française est là pour longtemps encore. Les solutions existent pourtant: vous les donnez en montrant bien comment recrutement et évaluation fonctionnent à l’étranger. Mais pour un universitaire chauvin, comme le sont tant de Français, l’étranger c’est déjà trop loin. Dommage que le pays soit sous l’empire du manque généralisé de courage. Il en faut davantage pour réformer l’ES que pour tirer un missile sur un 4X4 au nord du Mali.

Posté par Arturo - Posté le 6 mars 2013 à 20 h 04 min

Le CNU est une rigolade française. Dans ma section, 18ème, ceux qui y siègent sont certainement les plus nuls au plan de leurs publications. J’ai bien nuls, pas passables ou médiocres. Et sans rire, ces cafards prétendent juger leurs collègues et le font vergogne. Pauvre France. Grotesques ministres qui ont confirmer ces petits universitaires qu’aucune université, dans aucun autre pays, ne voudrait.

Posté par M & M - Posté le 9 mars 2013 à 16 h 29 min

Félicitations! Travail argumenté et impitoyable. Ca fait plaisir à lire, et en même temps, ce que vous dévoilez est consternant pour quelqu’un d’extérieur au milieu. Comment ont réagi vos collègues? Il doit bien en avoir qui siègent au CNU parmi ceux vous entourent à Paris 1 Panthéon-Sorbonne?

Posté par Gog et Magog - Posté le 9 mars 2013 à 22 h 57 min

Je suis d’accord avec Jesse Pinkman: vous tapez juste et fort, mais souvent avec humour. La qualification est un attribut de pouvoir que des élus syndicaux en milieu universitaire (????) ne se font pas faute d’exercer. Je crois,comme vous le notez, qu’il s’agit d’un cas unique sur la planète: l’avenir scientifique d’un pays est confié à des syndicalistes, supposés vouloir le bien! Il n’y a en qu’en France qu’une telle monstruosité a pu prendre racine. Et personne n’y trouve à redire.

Posté par GREG - Posté le 19 mars 2013 à 15 h 40 min

Je viens de terminer cet ouvrage (difficilement trouvable, merci Paypal!) et je m’interroge: se peut-il que ce que décrit Garçon soit exact? Les commentaires sont déjà dans la réponse, et notamment l’avis d’Alain Fuchs qui sait de quoi il parle. Mais alors, si tout ceci est exact, que fait le ministère, que fait Fioraso, qu’a fait Pécresse (dont on comprend qu’elle a même renforcé l’organisme) et tous leurs prédécesseurs? Encore une fois, si ce qu’écrit Garçon est vérifié, il faut de toute urgence liquider cette monstruosité que gère une mafia de profs et de maître de conférences, qui se gargarisent du qualificatif de “pairs” et qui sont parvenus à fabriquer, entre eux, LA machine à fabriquer de la médiocrité. Comment cette horde de gens médiocres peuvent-ils régenter l’enseignement supérieur, et comment le ministère qui paye, peut-il tolérer qu’un tel aéropage de gens si médiocres fasse la pluie et le beau temps dans le lieu où devrait s’inventer l’avenir?

Posté par Francois Garçon - Posté le 19 mars 2013 à 19 h 23 min

Séminaire de recherche sur l’évaluation, jeudi 14 mars à Rennes 2. Assistance famélique pour écouter notamment Nigel Vincent de l’université de Manchester. L’évaluation n’intéresse pas grand monde, en France, à Rennes 2 en particulier. Je présente le Dernier Verrou. Au bout de 3 minutes, une géographe dans la cinquantaine sort de la salle, revient 5 mn après, me coupe la parole: “Bon, ça va, on a compris!” Visiblement, cette personne n’aime pas qu’on s’en prenne au CNU. A la question: “Avez-vous lu le Dernier Verrou ?”, elle est prise d’un haut le coeur: “Ah, certainement pas! Et après ce que j’ai entendu (?), je vais pas le lire!” La démarche de cette chercheuse est inspirée du “j’ai pas lu, j’ai pas vu, mais j’en ai entendu parler” dont même Thierry Ardisson n’a jamais osé se réclamer. Le tout dans une enceinte universitaire d’où, à ce qu’il paraît, les sectarismes religieux sont bannis. En France, dans l’université française, on doit rester entre soi, écouter pieusement les membres de sa congrégation, ne jamais tolérer une parole dérangeante, la sérénité des dévots est à ce prix. Malheur à l’incroyant!

Posté par G. Lefait - Posté le 19 mars 2013 à 22 h 30 min

Rennes 2 a une réputation dont ils sont les seuls à s’enorgueillir: être en grève au moins trois mois par an. Et bien entendu, par un miracle du saint esprit, les étudiants ont le même taux de réussite qu’à Assas. Cette foutaise, profs et maitres de conférences la valident depuis des décennies. Qui ne comprend le succès des écoles, d’ingénieurs ou de commerce, dont tout le monde sait qu’elles échappent à cette dictature du crétinisme.

Posté par François Garçon - Posté le 23 mars 2013 à 16 h 27 min

Vérification faite, la dite géographe est née à Rennes, a eu son bac à Rennes, sa licence à Rennes, sa maîtrise à Rennes, son doctorat à Rennes a été recrutée à Rennes comme maître de conférences, a passé son HDR à Rennes. Elle devrait rapidement passer professeur à Rennes. A mourir de rire ! Je songe à ceux et à celles qui avaient tenté leur chance à Rennes, face à elle, lors de son recrutement. Qu’en pensent-ils, les recalé(e)s? Etaient-ils moins bons qu’elle où n’avaient-ils/elles simplement pas ses entrées dans l’établissement? Car pour sûr, la géographe, elle, connaissait du monde sur place !!! Je songe au ministère de l’Enseignement supérieur qui est supposé garantir l’égalité des chances de chacun lors de la mise au concours d’un poste dans la fonction publique. En l’espèce, qu’a-t-il fait exactement le ministère? En l’occurrence, le CNU, celui que défendent bec et ongles nos universitaires qui ne sont pas tous des gredins, qu’a-t-il fait? Rien, car il ne sert à rien, contrairement à ce que prétendent ses thuriféraires. L’université française coule. Elle a coulé lentement. Accrochez-vous car elle va désormais couler rapidement. Les paris sont ouverts.

Posté par ELDORADO - Posté le 23 mars 2013 à 17 h 11 min

Ce que vous suggérez c’est que cette personne a tout simplement volé la place à quelqu’un qui aurait été plus méritant qu’elle au plan scientifique, mais qui n’avait pas ses entrées à Rennes 2. C’est effectivement scandaleux, et le ministère ne peut se laver les mains devant un tel abus de droit. Le problème, c’est que ce genre de parasitage est généralisé. Cette personne n’a probablement aucun talent, n’a aucune compétence scientifique particulière mais, en tant qu’insider, elle disposait de toutes les connections sur place pour se faire élire. A-t-elle au moins conscience d’être une imposteur? Dans le secteur privé, on soupçonnerait une promotion canapé… J’aimerais connaître son nom pour mesurer sa stérilité au plan scientifique. Mais en fait, de Rennes 2, tout le monde s’en fout un peu, non ?

Posté par G. Lefait - Posté le 23 mars 2013 à 18 h 58 min

@ ELDORADO: on se fout sans doute de Rennes 2, comme vous l’écrivez, mais nous avons de bonnes raisons de le faire. Car la personne visée n’est pas la seule. Pratiquement tous les MCF et profs à Rennes 2 sont des locaux, incubés sur place, recrutés sur place, sans aucun post-doc. Les pays étrangers, ils ne les connaissent que pour avoir été parfois au Club Méditerranée. Leurs étudiants ont-ils conscience d’avoir affaire à des nuls, dénués de toute légitimité scientifique. Allez voir leurs éditeurs, quand ils publient: un seul éditeur: les Presses Universitaires de Rennes !!!! En effet, c’est à mourir de rire, comme vous l’écrivez.

Posté par Lucifer - Posté le 4 avril 2013 à 21 h 52 min

J’ai pu enfin acheter le Dernier verrou, merci Paypal… Dommage que la distribution soit si mauvaise. Il faut le mettre en ligne, car il développe des thèmes essentiels qu’un large public doit pouvoir s’approprier. L’auteur doit s’asseoir sur les droits auxquels il pourrait prétendre. L’intérêt collectif doit primer et lui-même est payé par la collectivité en tant que fonctionnaire.

Posté par Cri du coeur - Posté le 25 avril 2013 à 13 h 52 min

En effet, merci Paypal. Un tel livre aussi mal distribué: un assassinat! Pourquoi l’auteur ne s’est pas tourné vers les PUF ou les presses de Sciences Po? Ses responsables publient des recherches autrement moins essentielles!

Posté par Ironman 4 - Posté le 6 mai 2013 à 14 h 31 min

Ouvrage qui fait mal, mais je note que toutes les sections du CNU ont revu leur copie. Les choses changent donc. Enfin pas tant que ça: à la lecture des cv des membres du CNU dans la plupart des sections, le localisme n’est pas prêt de disparaître. Je résume, il faut supprimer le CNU mais aussi imposer des règles de conduite que l’on trouve dans les unis étrangères. Le salut de la France viendra dans les fourgons de l’étranger! Triste à dire, mais imparable. La culture de la rente est trop ancrée dans nos gènes.

Posté par D.Rincé - Posté le 13 mai 2013 à 8 h 20 min

Que fait donc cet ouvrage chez cet éditeur inconnu? L’auteur aurait eu meilleur intérêt à le publier chez un éditeur assurant un bon service après vente. Un vrai gâchis. Celui qui doit respirer, c’est le CNU. Dommage.

Posté par D. Stuart - Posté le 28 mai 2013 à 18 h 37 min

Is this book a joke or what ? Believe me or not, it’s unlikely you would find anything even approaching that sort of monstruous Leviathan you call Conseil National des University in the UK. My God, I do fell deeply sorry for you…

Posté par P.H. Levy - Posté le 5 juin 2013 à 12 h 43 min

Excellente idée que d’avoir mis votre ouvrage en ligne vu qu’il était très difficile d’accès et que sur Amazon son prix défiait la concurrence: 40 euros, un peu cher à mon goût.

Posté par M. Auster - Posté le 23 juin 2013 à 18 h 46 min

Je soupçonne l’auteur de profiter du CNU qui, comme on sait, rembourse les déplacements à Paris et permet de bénéficier d’un quasi treizième mois de salaire — tout ça pour des réunions complétement bidon. Fort heureusement, nous sommes en bonne voie de supprimer ce monstre franco-français, un conseil qui sanctifie la lâcheté proverbiale des universitaires — qui n’osent condamner un doctorant au moment de sa soutenance, pour mieux le faire dans son dos. Le CNU n’a jamais été une garantie contre le recrutement local, cette blague. Sa distribution des congés recherche est complétement biaisée. Il ne sert qu’à perdre du temps et de l’argent.

Posté par pierre - Posté le 24 juin 2013 à 6 h 44 min

Une bonne nouvelle vient de tomber et il faut soutenir l’initiative : le sénat vient de supprimer la qualification.Enfin, le verrou saute ! Il faut continuer le combat. Majoritairement les enseignants sont opposés à ce système unique au monde et qui ne défend qu’une minorité de syndicalistes aigris et dépassés. La modernité est ailleurs, le sénat vient de le confirmer. Souhaitons que les rétrogrades ne les fassent pas changer d’avis.

Posté par Gus - Posté le 24 juin 2013 à 8 h 12 min

Pardon de ne pas ajouter une couche à ce concert de louanges.

Je ne suis pas précisément un syndicaliste aigri et je partage un certain nombre de critiques de l’organisation et du fonctionnement du CNU, notamment en ce qui concerne l’élection des membres sur une base d’appartenance syndicale.

Cependant mon expérience de candidat qualifié puis recruté me laisse craindre les pires dérives si ce dernier verrou sautait (ce qui semble sur le point de se passer).

Je précise que je vais parler ici seulement de ce que je connais, à savoir le droit et plus précisément le droit public (section 02).

Certes, la sélection nationale est loin d’être parfaite. Mais elle est encore plus loin d’être aussi POURRIE qu’à l’échelon local : postes plus que “moustachus”, candidat local qui fait la bise aux membres du jury à la pause, dossier avec thèse et articles qui m’est revenu une semaine après l’audition parce que le rapporteur n’était pas allé les récupérer au bureau de poste…

Plus généralement, la suppression du CNU et le recrutement local, cela signifie (encore une fois, pour ce que je connais) que les recrutements se feront désormais exclusivement selon la propension apparente du candidat à satisfaire les besoins : disponibilité, charge d’enseignement, tâches administratives etc. (hypothèse optimiste) ou selon sa propension à complaire à ceux qui font plus ou moins directement la pluie et le beau temps pour l’attribution des postes (hypothèse pessimiste).

Dans ces conditions, voici ce qui va se passer : il va y avoir un accroissement très fort de la dépendance des universitaires à l’égard des décideurs locaux, lesquels vont obtenir de façon diffuse le pouvoir hiérarchique qui leur échappe encore. Dans les disciplines comme la mienne où la recherche n’est pas vraiment un enjeu stratégique et où il y a une fort besoin d’encadrement des étudiants, cela signifie que nous allons progressivement nous transformer en profs de lycées, pour lesquels j’ai le plus grand respect (mes parents l’étaient tous deux) mais dont je n’ai pas choisi d’exercer le métier.

Je n’y avais encore jamais songé, mais je commence à me dire qu’il serait prudent que je m’inscrive au barreau avant que l’on décide de nous supprimer cet odieux privilège, nous privant ainsi de tout échappatoire à l’avenir radieux qu’on nous prépare.

Posté par Astérix halluciné - Posté le 24 juin 2013 à 11 h 03 min

Enfin une bonne nouvelle ! Je songe à tous les petits marquis, tous plus nullissimes les uns que les autres, qui se pressent dans ce CNU, en quête d’une gratification personnelle. Comment une telle bestiole a-t-elle pu mûrir dans un cerveau supposé brillant, éclairé, visionnaire????

Posté par Ciceron - Posté le 24 juin 2013 à 15 h 02 min

Il faut croiser les doigts et espérer que l’Assemblée nationale ne se mêle pas à nouveau d’un dossier sur laquelle ses membres n’ont aucune idée (bon, il est exact qu’ ils n’ont d’idées sur pratiquement rien, sinon sur leur système de retraite) et qu’il confirme la décision des sénateurs. Le président de Paris 6 vient de prendre position contre le CNU, faisant valoir l’ineptie de ceux revendiquant la possibilité pour les docteurs de candidater sur des postes de la fonction publique et qui, dans le même mouvement, exige le maintien de la qualification qui revient à nier les prérogatives des jurys de thèses.

Posté par Monsanto - Posté le 24 juin 2013 à 17 h 58 min

Faut pas rêver: les parlementaires vont réaliser qu’ils ont tiré contre leur camp. La réaction corporative des nuls a été immédiate et massive. On n’a pas beaucoup entendu les opposants au CNU et c’est dommage. Il faut lire les arguments favorables au CNU: c’est à pleurer de stupidité. Seraient-ils de mauvaise foi que je m’en réjouirais, mais ces abrutis sont sincères quand ils gémissent sur le risque de localisme que la suppression de la qualification entraînerait. Oui, à pleurer!

Posté par Jesse Pinkman - Posté le 24 juin 2013 à 21 h 27 min

Inutile de tenter la pétition: le camp adverse, avec ses moutons de Panurge, est bien trop nombreux. Dommage qu’il n’y ait pas eu une tribune libre dans Le Monde de ce soir. Que fait François Garçon? Pourquoi écrire un excellent bouquin, bien argumenté, et rester coi au moment de l’assaut?

Posté par Francois Garçon - Posté le 25 juin 2013 à 7 h 02 min

@ Jesse Pinkman: je ne reste pas coi, mais les quotidiens considèrent que le sujet concerne un public trop restreint. Cible trop petite, espace rare, classement vertical.

Posté par Agathocle - Posté le 25 juin 2013 à 8 h 51 min

Je souhaite également que la procédure qualification par le CNU soit effectivement supprimée. Comment croire en l’impartialité d’un groupe où les pratiques d’auto-promotion ne sont pas prohibées et allégrement pratiquées par ses membres (au demeurant, de toutes tendances politiques)? (je pense notamment à la section 19)

Posté par Agatha Christie - Posté le 25 juin 2013 à 10 h 51 min

Ce CNU fait rire nos collègues étrangers quand on tente de leur expliquer que ce ne sont pas les établissements qui recrutent directement les enseignants-chercheurs (ça, déjà, c’est difficile à leur faire comprendre), mais qu’il existe un filtre où s’agglutinent des collègues élus sur une liste syndicale et en charge du tri des candidats possibles. Irrésistiblement, ça fait penser à feu l’URSS. Dans ma section, 71, que des médiocres, mais terriblement médiocres:des publications en français dans des revues au mieux rigolotes, au pire infra-médiocres. Habiles sinon intelligents ou brillants, des collègues ont crée leurs propres revues, sans aucun lectorat et dépourvues de la moindre visibilité mais qui accueillent leurs travaux.Il fallait y penser….

Posté par Brejnev - Posté le 25 juin 2013 à 20 h 50 min

Votre commentaire est en attente de modération.

Regardez le cas ANATOLY LIVRY : une folle-”professeur” dont Livry a répoussé le har­se­le­ment sexuel a agité ses copains pour blo­quer les qua­li­fi­ca­tions de Livry :
http://anatoly-livry.e-monsite.com/pages/avis-scientifiques.html
Et au CNU on a donné une forme ins­ti­tu­tio­nelle à ces folies : tout le monde savait qu’on exe­cute l’ordre des amis de la folle et, par réla­tions syn­di­cales, per­so­nelles… ont a donné la tête de Livry (auteur de 3 mono­gra­phies, leu­réat de 2 prix scien­ti­fiques…) à la folle http://faussebuhkssorb.canalblog.com

De plus, la 13e Section est pré­si­dée par de per­sonnes dont on ne connait ni thèse, ni HDR — mais qui sont du même syn­di­cat que la pré­si­dente du cnu.
Honte !

Posté par G. Lefait - Posté le 28 juin 2013 à 18 h 38 min

Les commentaires des partisans du maintien du CNU font froid dans le dos: il n’est finalement question que de sauvegarder le statut de fonctionnaire d’Etat. La qualité de la science, l’autonomie des établissements qu’on observe partout (Suède, Canada, Suisse, Grande-Bretagne, Hollande, etc.) bref partout où ça marche, sont passées sous science. Tous veulent rester d’abord fonctionnaires ! Raison invoquée? La liberté scientifique! Quand on note le déferlement d’ouvrages crypto-marxistes, l’hégémonie sans partage de la pensée Alternatives Economiques, on se demande où se trouve cette liberté scientifique… Il est vrai qu’en Suède, Suisse ou Allemagne, nos collègues vivent dans les fers !

Posté par Simenon - Posté le 2 juillet 2013 à 13 h 20 min

17 000 enseignants-chercheurs se sont dressés pour protéger le CNU, venus de la gauche comme de la droite. Un mot d’ordre à donner à vos étudiants: FUYEZ !!!

Posté par Jacques Pillet - Posté le 5 juillet 2013 à 19 h 55 min

Merci pour cette enquête. J’en ris encore, ou plutôt non, j’enrage ! Quand je songe à la nocivité de cet organisme, à la fatuité de ceux qui y siègent et aux petites “saloperies” qu’ils commettent au nom de l’intérêt général, on se demande où la balkanisation syndicale s’arrêtera-t-elle. Vos commentaires sur l’anglais, que vous avez, je crois répétés sur Europe 1, sont très justes. Un de vos commentateurs fait référence à l’autre cancer de cet univers: l’agrégation, folie bureaucratique française, concours imbécile, basé sur l’art de la mémoire et de la synthèse. Le tout est catastrophique et nous courons en effet vers la catastrophe.

Posté par Franklin Roosevelt - Posté le 8 juillet 2013 à 7 h 47 min

Disons qu’après un tel bouquin, vous ne devez guère avoir d’amis dans votre entourage professionnel. Teigneux et courageux! Continuez.

Posté par Haricot vert - Posté le 9 juillet 2013 à 20 h 03 min

Je serais curieux de savoir combien de fois vous avez été débouté dans une demande de CRTC pour vous en prendre au CNU qui vous a tout de même qualifié, n’est-ce-pas, puisque vous êtes titulaire de votre poste à Paris 1? Est-ce pour ne pas avoir eu un sabbatique ou une prime que vous en voulez tant à vos collègues? Je ne comprends pas bien votre allégresse à vouloir démolir un organisme auquel 17000 enseignants-chercheurs viennent d’apporter leur confiance et leur soutien.

Posté par François Garçon - Posté le 6 août 2013 à 19 h 38 min

@Haricot vert: je m’en prendrai donc au CNU pour avoir subi une rebuffade de sa part. Il paraît encore que beaucoup d’antinazis, le sont devenus faute d’avoir pu entrer dans la Waffen SS, que beaucoup d’anticommunistes le sont devenus faute d’avoir pu avoir un abonnement gratuit à L’Humanité, que beaucoup d’antinucléaires le sont faute d’avoir pu être irradiés. Ca vous convient, niveau crétinerie, où souhaitez-vous une couche supplémentaire d’âneries?

Posté par Fauxrato - Posté le 19 août 2013 à 17 h 30 min

Après vous avoir lu, et noté ce que certains blogs rapportent élégamment sur vous (le fait d’être bi-national serait préjudiciable à votre engagement. Ce qui est piquant de la part de chercheurs se voulant aux antipodes de réflexions nauséabondes de ce type), je regrette que ce CNU ait survécu. Le combat continue.

Posté par Franklin Roosevelt - Posté le 5 septembre 2013 à 8 h 52 min

@ Francois Garcon: en lisant votre réaction à Haricot vert, je note que vous êtes en grande forme! Ce qui fait plaisir.

Posté par G.Deplec - Posté le 9 octobre 2013 à 14 h 40 min

Merci pour avoir mis l’ouvrage en ligne. Excellent, il confirme toutes mes expériences avec le CNU. Il faut abattre cette machine absurde, totalement nocive. S’y retrouvent tous les médiocres, qui se partagent les maigres privilèges que l’enseignement supérieur ballade sous le nez des universitaires.

Posté par Elena - Posté le 18 août 2014 à 6 h 20 min

Partie du séminaire de mon Professeur, Anatoly Livry, consacré au CNU et à la procédure de qualification est parue à Paris :

“Procédure de qualification de l’Université française : une corruption légalisée qui a coûté 1 000 000 000 € en quelques décennies”

http://www.enquete-debat.fr/archives/procedure-de-qualification-de-luniversite-francaise-une-corruption-legalisee-qui-a-coute-1-000-000-000-e-en-quelques-decennies-57387

Selon les informations, cet article a produit une véritable hystérie collective parmi les parasites du CNU. Ils font tout pour qu’on ne parle pas de cette analyse !

Elena

Posté par Lesuisse - Posté le 20 août 2014 à 19 h 21 min

D’accord, abbatons le CNU et mais on réforme aussi tout le reste pour que l’on ait plus besoin de cette institution:
soyons logique, faisons comme à l’ étranger: on finit avec le statut de MCU et on garde seulement un statut de Professeur (sans augmenter le nombre de ces postes), plus de statut de fonctionnaire, salaire de base avec prime de recherche, on donne aux universités la possibilité “d’acheter” les meilleurs chercheurs du monde – cela veut dire que les candidats peuvent négocier leur salaire,…et si l’on peut payer les meilleurs, on a plus besoin de qualification….et on vire quand un Prof n’est pas efficace….
D’ailleurs, M. Graçon, pourquoi êtes vous devenu MCU en France et pas Professeur en Suisse????

Posté par VERITAS - Posté le 24 septembre 2014 à 6 h 03 min

Très très bonne analyse.

Docteur de la Sorbonne en sciences humaines, parcours sans fautes. Lors de mon passage aux CNU 23 et 24 (deux années consécutives, 2007 et 2008), je suis refoulé malgré mes publications, mon expérience.

Je suis né en France, y est grandi, mais lorsque l’on à un nom à consonnance “étrangère”, cela complique encore davantage la tâche.

J’ai fais appel et lors de mon audition à la commission d’appel : il y avait dans la salle que les vieux “sages” des différentes sections des sciences humaines mais je n’étais nullement impressionné. Leur conclusion (preuves à l’appui) : Le candidat n’a pas montré assez de motivation pour devenir maître de conférence !!!!!!

Tous les lèches bottes que je connaissais à Paris 4 ont eu le petit poste et c’est ainsi que ça fonctionne.

IL FAUT DISSOUDRE CETTE “INSTITUTION”, CETTE SUPERCHERIE, QUI N EXISTE NUL PART AILLEURS, QUI SERT A FILTRER ET A NE LAISSER PASSER QUE LES COPAINS ET COPINES.

LA GRANDE VERITE (ET TRISTE) EST QUE LE SYSTEME UNIVERSITAIRE FRANCAIS AINSI QUE LA RECHERCHE (CNRS ET COMPAGNIE) INSTITUENT LE CLIENTELISME (C EST UN PEU COMME EN POLITIQUE…). ET CELA DURE DEPUIS TROP LONGTEMPS. IL N Y A PAS DE POSTE POUR TOUT LE MONDE. ON VOUS LAISSE FAIRE UNE THESE MAIS ON NE VOUS DIT PAS QU IL NE FAUDRA PAS ESPERER PAR LA SUITE UN POSTE PUISQU ILS SONT DISTRIBUES AU COMPTE GOUTTE ET PAS A N IMPORTE QUI.

MAIS BON J AI ESPOIR CAR TOUT LE SYSTEME EST AUJOURD’HUI A BOUT DE SOUFFLE. UN DE MES ANCIENS PROFS M AVOUAIT QUE LES ETUDIANTS NE LISAIENT MEME PLUS….

Posté par Victorius - Posté le 14 janvier 2015 à 22 h 24 min

Quand on voit les économistes se couvrant de ridicule en demandant la création d’une autre section pour un autre courant au sein de leur domaine scientifique, on s’interroge. Ne devrait-il pas y avoir autant de sections CNU que d’enseignants-chercheurs, soit quelques dizaines de milliers ? Vous avez tellement raison, M. Garçon, le CNU est une idiotie purement française. Une monstruosité française que des petits flics protègent pour y prospérer.

Posté par Mcf - Posté le 16 avril 2016 à 19 h 49 min

Beaucoup d’aigreur parmi les opposants au CNU (Veritas par exemple : parcours sans faute mais grosses fautes de grammaire dans votre commentaire. Posez-vous des questions.).

M. Garçon, je trouve très peu honnête votre partie sur les dossiers recalés au motif qu’ils ne sont pas conformes au champ disciplinaire. Vous semblez dire qu’un candidat qui cible la mauvaise section sera recalé et perdra un an. Mais vous ne pouvez pas ignorer qu’on peut postuler sur plusieurs sections à la fois. Et que, de fait, il appartient au candidat de savoir quelle(s) section(s) viser. Les infos sont disponibles et facilement.

Par ailleurs, dans les disciplines relevant les sciences sociales et humaines, les dossiers écartés parce que considérés comme “hors section” sont une infime minorité. Le motif le plus fréquent de rejet, c’est la qualité insuffisante du dossier (mauvais rapport de thèse, ou trop peu de publications, ou trop peu d’enseignement universitaire, ou les trois à la fois). Tout cela se trouve dans les rapports annuels des sections.

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