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L’UNEF ? Globalement, ça ne sert à rien

Publié le : 19 août 2013 - Mot Clés : , , , , , ,

Décidemment, l’UNEF, syndicat étudiant, ne nous aura rien épargné. Soit ses combats emblématiques.

Ainsi le coût d’accès aux études supérieures. Au cas où certains l’ignoreraient encore, l’université française est gratuite. Pas même le prix de trois cartouches de cigarettes par année pour s’inscrire en licence !  Qu’un établissement fasse mine de facturer un 3ème cycle, le syndicat étudiant d’aussitôt dénoncer la scélératesse d’une telle décision. Même chose avec le combat « des bourses pour tous », politique d’une idiote qui revient à faire financer par l’enseignement supérieur un RSA déguisé que siphonnent des milliers d’étudiants bidons, dont le Monde en traçait dernièrement le portrait pathétique à Perpignan.

On attendait l’UNEF sur la généralisation de l’anglais dans le supérieur. Par confort personnel camouflé derrière une défense au mieux rigolote de la « culture » française, les enseignants-chercheurs, tous fonctionnaires à l’abri du gros temps, y sont globalement opposés. Position qui, dans les sciences, revient à se lobotomiser. Mais les étudiants ? Eux sont sur les starting blocks, ne savent pas où ils vont atterrir, et après tout la langue anglaise pourra leur être utile professionnellement. L’UNEF, à ma connaissance, n’a pas dit un mot sur cette question qui a secoué le pays. Geneviève Fioraso a ferraillé seule, avec Cédric Villani à ses côtés.

            On se serait encore attendu à ce que l’UNEF défende Fioraso quand, à la suite de Valérie Pécresse, la ministre a rappelé que dans le supérieur les formations ont certes pour but le développement de l’esprit critique, mais peut-être aussi de préparer mentalement les étudiant à l’insertion professionnelle. Considérant le taux de chômage des jeunes, y compris de beaucoup de diplômés mal orientés, l’idée de la ministre n’est pas idiote en effet. Réactions de l’UNEF ? Quelques grognements, et silence radio. Car, nos syndicalistes sont des rebelles ! Apporter un soutien à une politique de bon sens, c’est déjà pactiser avec l’ennemi. Au fait, qu’attendent donc nos rebelles pour exiger par exemple que soient basculées vers les étudiants du cycle bachelor en université le petit million d’heures de « colles » dont sont gavées les élèves en classes préparatoires, qui n’en ont eux évidemment aucun besoin ?

 

Finalement, à quoi sert ce syndicat étudiant ? A bloquer toute adaptation d’une université à la dérive depuis ½ siècle quand, dans tous les pays dynamiques, elle et elle seule a fait l’objet d’un maternage attentif. S’attaquant aux réformes des gouvernements successifs tentant de rapprocher le fonctionnement de l’université française de leurs homologues canadiennes, suédoises, suisses, hollandaises, l’UNEF n’a finalement fait que renforcer l’omnipotence stérile des « grandes écoles », vers qui les financements n’ont jamais cessé de couler.

L’UNEF, syndicat de fer  ? Ca reste à prouver, ou alors sur le papier. Car pour le haut du panier, l’UNEF est avant tout un marche-pied vers les fauteuils que le PS réserve à ces apparatchiks d’opérette. La liste est interminable de ceux ayant transité par l’organisation pour devenir des messieurs : Harlem Désir, Julien Dray, Tony Dreyfus, Benoit Hamon, André Labarrère, Mélanchon, etc. Bien informés sur l’itinéraire des anciens guévaristes français les ayant précédés, nos jeunes syndicalistes savent qu’au terme d’études pépères un boulot pépère les attend. Un récent sondage montre la déploration des Français face à la trop grande politisation des syndicats[1]. Nul doute, l’UNEF est bien un syndicat français.




[1] Les Echos, 27 juin 2013.

Vos avis et commentaires

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Posté par Etienne Dume - Posté le 19 août 2013 à 14 h 29 min

Un peu vite dit. L’UNEF a joué un rôle actif pendant la guerre d’Algérie. Et des personnalités de droite ont également siégé dans ses instances dirigeantes. Il est vrai qu’elles sont peu nombreuses, mais enfin, il y en a eu.

Posté par monstertruck - Posté le 20 août 2013 à 18 h 36 min

En effet, s’il faut évoquer la guerre d’Algérie pour justifier l’existence de ce syndicat véreux, c’est que les carottes sont bien cuites. La France est un pays mort et sur son cadavre la vermine se gave.

Posté par Anselme - Posté le 20 août 2013 à 21 h 14 min

L’UNEF n’a pas vocation à défendre la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche lorsque celle-ci mène une réforme qui, au concret, risque de léser les étudiants. Quand certaines universités ne proposent aucun cours de langue en licence, ou au mieux une heure et demie par semaine, il n’y a aucun sens à mettre en place des cours en anglais que les étudiants ne seront pas capables de comprendre. Et c’est d’autant plus vrai qu’avec la réduction du volume horaire dans le secondaire, le niveau en langue assuré à la sortie du Lycée est une catastrophe.
Dans ces conditions là, mettre en place des cours disciplinaires en Anglais fera au mieux le tri entre les enfants de la bonne bourgeoisie, qui ont l’occasion de passer des week-ends à Londres ou leur vacances en Australie, qui regardent les séries de HBO en version originale, et le reste des étudiants qui ont eu l’outrance de naître dans une famille modeste et ont le mauvais gout de regarder le foot à la télévision. Ce sont d’abord plus d’heures de cours de langue qu’il est nécessaire de mettre en place avant de changer la langue d’enseignement dans des filières entières. Soutenir la mise en place de cursus en Anglais, dans un contexte où l’enseignement supérieur et secondaire ne sont pas suffisamment dotés (en heures et en euros) pour permettre à chacun d’atteindre un niveau suffisant, ce serait soutenir une université qui ferait le tri entre les biens-nés et les autres. En tant qu’étudiant, je suis bien content que le syndicat qui me représente ne se soit pas engagé dans ce chemin.

Quant aux heures de khôlles, cela fait des années que l’UNEF revendique la fusion des CPGE au sein des universités, notamment en apportant en licence les méthodes pédagogiques des prépas (khôlles, cours en petit groupes, plus d’heures de travaux dirigés, etc.). Il serait de bon ton de consulter les publications de l’UNEF (qui sont accessibles en ligne) plutôt que d’inventer des insuffisances fictives à une organisation.

Parlons enfin des bourses pour tous : il existe un fait simple : un étudiant n’a pas de revenus propres. Or un étudiant est majeur et donc sensé être autonome et pouvoir faire ses choix de vie hors de la tutelle parentale. Et hors la solidarité familiale (bien souvent conditionnelle, mais aussi limitée, car dans un foyer médian à 3200€ par mois, les parents, même avec la meilleure volonté du monde ne peuvent pas faire vivre deux étudiants), il n’existe qu’une possibilité de survie : le salariat étudiant. Perspective réjouissante pour tous possibles étudiants d’IUT, de CPGE, de BTS, ou de certains filières à l’université dont l’emploi du temps et la charge de travail ne permet pas du tout de se salarier plus de quelques heures par semaine. (Et même à l’université, au delà de 15 heures de travail par semaine, on observe très bien les effets dévastateurs sur les chances de réussite).
Hors les bourses pour tous, nous retombons sur le même constat : la plèbe est condamnée à éviter les meilleures filières et celles à fort taux d’encadrement, tandis que les biens-nés aux parents aisés, peuvent, eux, étudier tranquilles dans les meilleures filières.

Donc à moins de vouloir construire une société de transmission héréditaire de privilèges par système éducatif interposé (ce dont je n’oserais vous accuser), hors les bourses pour tous, hors un financement collectif de l’enseignement supérieur par l’ensemble de la société (et non par les étudiants eux-mêmes), point de salut. Et ce ne sont pas quelques milliers (et encore…) de fraudeurs sur 2,3 millions d’étudiants qui doivent nous empêcher de faire ce qui est juste pour le reste de la jeunesse : financer correctement l’éducation des générations futures. Et un financement correct pour l’enseignement supérieur et le CROUS, voilà un des axes de bataille majeur de l’UNEF, où l’organisation obtient au quotidien des avancées éminemment utiles pour toute la communauté universitaire.

Posté par Gné - Posté le 21 août 2013 à 13 h 18 min

Ca s’écrit Mélenchon.

Posté par lenkapop - Posté le 21 août 2013 à 13 h 38 min

Cycle Bachelor? Qu’est-ce que cela? A l’université, les grades sont Licence Master Doctorat. Merci de se renseigner sur le système français avant de debarquer avec ses grandes idées. Et 3 cartouches de cigarettes comme cela est si bizarrement exprimé, cela reste l’équivalent des 3/4 d’un minima social : au de 0 euro le terme “gratuit” est une faute sémantique.

Posté par SOSMandarin - Posté le 22 août 2013 à 3 h 53 min

Une seule note de bas de page pour un tel papier ?
Si un étudiant devait lui rendre un torchon pareil, avec
une absence de sources quasi-totale, pensez-vous qu’il
lui aurait donné la moyenne?
Sans doute par pure connivence, ou paresse intellectuelle.
L’objectivité méthodologique, c’est pas pour maintenant…

Posté par Faluche Noire - Posté le 22 août 2013 à 8 h 35 min

Bon déjà, 180€ ce n’est pas ce que paye un étudiant, mais plutôt 400€ -> sécurité sociale + médecine préventive. Ca peut même être plus avec des frais d’inscriptions illégaux :) Du coup on est plus à 6-7 cartouches de cigarettes, le prix d’un PC qui commence à être de bonne qualité, le prix de vacances d’été, pas mal d’heures de permis, 1 mois de loyer, pleins de bouquins, de quoi s’empiffrer au CROUS bien 4 mois etc … Surtout, là on est à l’université, mais je vous propose de déterminer le montant des études dans les grandes écoles en cartouches de cigarette… C’est à vous donnez le cancer :)
Mais passons, on a bien compris que l’école ne devait pas être gratuite.
Je ne vais pas relever toutes les inexactitudes, ça risque d’être plus long que votre article. Je vous dirais bien de consulter l’ensemble des publications de l’UNEF avant de dire des bêtises, notamment sur la professionnalisation, mais il me semble que vous n’avez pas peut-être pas grand chose d’idéologique contre l’UNEF, donc ça serait inutile.
Du coup, je vais juste me permettre une petite critique monsieur le professeur : 4e paragraphe et 3e ligne : “préparer mentalement les étudiantS à l’insertion professionnelle”

Posté par Cri du coeur - Posté le 23 août 2013 à 7 h 09 min

Apparemment, les partisans de l’UNEF ont le sang chaud. Pour cycle Bachelor, Garçon ne fait que reprendre la terminologie qui a cours hors de France. Et c’est vrai que c’est une très grave faute ! L’autre qui relève qu’il n’y a qu’une note de bas de page, lui est grave. Il confond un article d’humeur avec une thèse. J’ai lu les bouquins de Garçon (Enquête sur la formation des élites et Le dernier verrou) et le type est plutôt musclé dans ses démonstrations, notamment pour ce qui est des “notes en bas de page”.

Posté par François Garçon - Posté le 23 août 2013 à 8 h 02 min

@Anselme: entre plaider (dans le vide) pour le rapatriement des CPGE sur les facs et exiger que les “colles” ou kholles soient immédiatement basculées sur les étudiants en cycle bachelor (je maintiens, pour l’autre franchouillard), il y a la même différence entre celui qui tire le pénalty et le type, assis, qui est dans les gradins. Vos revendications sont molles, surtout inapplicables, car votre ligne politique se résume à statu quo + bourses. C’est un programme typiquement français, très chiraquien dans le fond. Un programme de rentier pour rentiers.

Posté par Beau Parleur - Posté le 23 août 2013 à 9 h 46 min

Quand je lis les arguties que Faluche Noire est obligé de nous sortir pour nous convaincre que l’enseignement supérieur en France n’est pas gratuit,comme le dit justement F.G. je me dis que nous sommes dans un monde de fou. Et le type, sans rire, qui ajoute la sécu, la mutuelle, et pourquoi la place de parking pour la caisse de l’étudiant, et son budget sape, hein, c’est que ça compte les sapes, et ca F.G. il fait semblant de ne pas le voir. Bref, nous avons affaire à un pur petit marquis de l’UNEF, qui défend sa plateforme corporatiste, sans voir que le monde changeait.

Posté par D.Rincé - Posté le 23 août 2013 à 16 h 15 min

Il faut avoir lu la réaction d’Anselme pour bien comprendre la prégnance du petit-bourgeois français sur l’idéologie française: trop de lycéens maîtrisent mal l’anglais en arrivant en fac, donc introduire l’anglais ou des cours en anglais accentuera leurs faiblesses qui recoupent des inégalités sociales de départ. Autrement dit, tout le monde doit se mettre au niveau des nuls, parce que pauvres, nous dit ce petit apparatchik qui doit figurer dans l’organigramme de l’UNEF. Idéologie niveleuse, haineuse, qui consiste à surtout ne pas permettre à certains de s’en sortir. Procuste plus que Marx est la borne idéologique de nos syndicalistes à casquette.

Posté par Louis Steffen - Posté le 23 août 2013 à 16 h 22 min

Dommage ! Cet article nous livre une analyse très pertinente du conservatisme de l’UNEF pour terminer par une conclusion d’une grande pauvreté : c’est la faute au carriérisme de ses dirigeants. Trop simple, pour ne pas dire simpliste.
Certes il faudrait s’interroger sur le mécanisme de sélection des responsables des organisations étudiantes et lycéennes, et voir si le népotisme et la cooptation n’y ont pas une trop grande part. Mais il serait aussi nécessaire de mesurer le poids du syndicat majoritaire dans l’enseignement, la FSU, et tout particulièrement du SNES-SUP et du SNES, dont la philosophie conservatrice bloque toute réforme sérieuse depuis des décennies. Que disent ces organisations des Grandes Ecoles et de leur fonction d’écrémage social ? Rien. Elles se contentent de compter parmi leurs membres influents nombres d’enseignants de classes prépas qui bénéficient des fameuses “colles” en plus de leur traitement. Sait-on, par exemple que le “penseur” de la doctrine du parti de gauche, celui de Mélenchon, Monsieur Péna-Ruiz, enseignant de Prépa, est un ardent défenseur de cette forme d’élitisme “républicain” (sic) et qu’il se répand en critiques acerbes sur la malfaisance des “réformateurs pédagogistes”, notamment avec l’appui amical de la puissante MAIF ?
Alors carriérisme des futurs membres de cabinets ministériels, probablement, mais, plus encore, contrôle des organisations étudiantes par la vieille garde universitaire “grandécolesque”
(réaction à l’article parue dans Le Post du Nouvel Observateur)

Posté par CC - Posté le 1 janvier 2015 à 6 h 42 min

c’était drôle à lire, la tribune émotionelle et les commentaires

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